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  Le “Clouded leopard alopecia syndrome” : définition du syndrôme, épidémiologie, traitement et recherche étiologique

Thorel M, DVM, Brisson L, DVM, Goddard N, DVM, Haraoui M, DVM, Lelclerc A, DVM, Dipl. ECZM (ZHM), Pouillevet H, DVM, Mulot B, DVM,

mercredi 21 octobre 2020, par Alex

Des données rétrospectives récentes indiquent que la maladie la plus fréquemment observée au sein d’un échantillon de 271 panthères nébuleuses (Neofelis nebulosa) consiste en une atteinte dermatologique localisée au niveau de la queue et des lombes. Il s’agit d’une alopécie extensive et/ou auto-induite, diagnostiquée chez plus de 12% de ces panthères. Le tableau lésionnel est caractéristique, avec des zones alopéciques linéaires primairement localisées sur les faces latérales de la queue, pouvant s’étendre secondairement plus crânialement vers la région lombaire. Les faces dorsales et palmaires de la queue ne semblent touchées que de façon très sporadique, uniquement en fin d’évolution. L’analyse des pédigrées des individus atteints témoigne de liens familiaux étroits et d’une très forte consanguinité, dont l’origine a été clairement identifiée. Une cause génétique est donc fortement suspectée. La sélection d’un génotype suite à cette forte consanguinité pourrait expliquer les lésions dermatologiques chez les individus atteints. Considérée jusqu’à présent comme une alopécie psychogénique d’origine comportementale ou liée primairement à des facteurs de stress par les VetAdvisors nord-américain et européen, ces nouveaux éléments amènent à envisager cette entité pathologique comme un trouble neurodermatologique héréditaire primaire, potentialisé par des épisodes ponctuels de stress. Des résultats préliminaires de marquages immunohistochimiques dermiques montrent une diminution de l’innervation sensitive en région lésionnelle chez un individu atteint. Cela est en faveur d’une hypothèse de neuropathie sensitive des petites fibres nerveuses. Les mêmes résultats sont décrits chez l’Homme et chez certaines races de chien très sélectionnées, dans le cadre de cette neuropathie. La description de cet état pathologique, caractérisé par un tableau lésionnel spécifique, des liens épidémiologiques familiaux, un grand nombre d’individus atteints etune hypothèse étiologique forte, amène à le considérer comme le « Clouded leopard alopecia syndrome ». En outre, la gestion thérapeutique reste un challenge. Une épreuve thérapeutique s’appuyant sur un traitement ciblé à l’aide de gabapentine (15mg/kg PO SID) a permis d’obtenir de très bons résultats, avant une rechute liée à plusieurs épisodes identifiés de stress. L’adjonction de fluoxetine (0,5mg/kg SID PO), inhibiteur de la recapture de la sérotonine également utilisé dans le traitement des neuropathies des petites fibres, semble prometteuse à ce jour.

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